Sur les traces de mon père

Le jeune Emile décide d’interrompre les études d’ingénieur qu’il suivait à Nîmes, pour aller travailler avec son père. « J’étais bon élève, j’avais presque achevé mes études, mais ce choix s’imposait à moi. Le plaisir de faire de l’huile était ancré en moi. J’ai dit à mon père : « Papa, j’arrête. Demain, on fait de l’huile. »

Pour Emile Noël, reproduire les gestes de son père moulinier coule de source. Il passe son permis de conduire et son père lui achète un petit camion. Plein d’énergie, de détermination et d’ingéniosité, Emile pose ainsi les premières pierres de son édifice professionnel. Dans un rayon de 50 kilomètres, il va chercher les olives directement chez les agriculteurs et leur en rapporte l’huile quelques jours plus tard. « Nous travaillions beaucoup, car pour le même prix, je faisais le déplacement aller et retour chez les paysans. J’ai fait fermer quelques moulins artisanaux, je l’avoue. J’étais vilain… » dit-il, en prenant un air penaud qui ne trompe personne.