Une démarche pionnière dans l’univers du bio

En 1972, l'Huilerie Emile Noël franchit une nouvelle étape, qui s’avèrera déterminante pour son avenir : elle devient la toute première huilerie en France à triturer des graines biologiques. Avant cette date, la notion d’ « agriculture biologique » n’existait pas encore. Cependant, Emile Noël, naturellement sensible au respect de la nature et attaché aux méthodes artisanales respectueuses des graines, « faisait déjà du bio » sans le savoir. « Ce sont les hippies qui nous ont ouvert les yeux là-dessus, avec leurs cultures sans pesticides destinées à obtenir des huiles vierges parfaitement saines », explique Emile Noël. Au début des années 1970, dans le sillage des hippies, une poignée d’agriculteurs se lance dans l’aventure biologique. Dans le Gers, notamment, l’année 1972 marque les premières cultures de tournesol certifiées biologiques par Nature et Progrès. Emile Noël loue le hasard des rencontres : « J’ai eu la chance de connaître des paysans d’Auch qui cultivaient du tournesol biologique. C’est ainsi que nous avons commencé à fabriquer de l’huile de tournesol bio... qui a bien fonctionné ! Cela a été le point de départ de tout ».

Heureux hasard de la vie, orientation naturelle ou choix visionnaire ? Les trois, certainement ! « Pour nous, faire des produits proches de la nature allait de soi : des méthodes de culture respectueuses des équilibres biologiques, et le plaisir d'un goût véritable. A dire vrai, je n’aurais pas eu l’idée de faire autre chose. Dans la famille, nous avons toujours aimé la nature, la vie dans les champs (nous avions une ferme), les balades en forêt… », confie Emile Noël. Et d’ajouter : « Le bio, c’est un lien entre les gens qui aiment la terre, c’est une ambiance particulière. C’est aussi beaucoup de rigueur. Or nous étions rigoureux, c’est pour cette raison que nous nous y sommes reconnus ».

Guidé par son esprit pionnier, Emile Noël a su saisir là une opportunité formidable. « Le bio est parti d’une poignée de personnes... Travailler à 100 % en bio n’était pas envisageable à l’époque, car les consommateurs de produits biologiques n’étaient pas nombreux ! On ne pouvait pas imaginer, à ce moment là, que cela deviendrait un tel marché ! » explique-t-il, encore étonné de l’ampleur prise par le mouvement.